"Le Désespéré" tableau de Gustave Courbet, appartient au Qatar..........
Le tableau a été prêté pour au moins cinq ans au musée d'Orsay par son actuel propriétaire, Qatar Museums. Issue de collections privées, cette toile iconique a été cédée dans des conditions qui demeurent inconnues, au grand dam des associations de défense du patrimoine.
Le célèbre autoportrait de Gustave Courbet, également nommé Le Désespéré, est exposé au musée d'Orsay depuis mardi 14 octobre 2025, dans le cadre d'un prêt pour environ cinq ans. Le retour de cette huile de petit format (45x54cm) fait figure d'événement. Voilà 17 ans que le public français attendait de retrouver cette icône du courant réaliste, mondialement connue, mais rarement montrée au public.
Par se prêt au musée d'Orsay on découvre que le tableau est désormais la propriété de Qatar Museums, l'organisme de développement des musées de l'émirat. Cette information, confirmée à franceinfo par un porte-parole, figure également dans un arrêté paru au Journal officiel sur le caractère insaisissable de l'œuvre pendant toute la durée du prêt (une procédure habituelle lors de telles expositions temporaires).
La sœur de l'émir du Qatar, affichait un sourire radieux aux côtés de la ministre de la Culture, Rachida Dati et de Mme Brigitte Macron, lors de la présentation de l'œuvre à la presse, mardi 14 octobre 2025. La princesse, citée parmi les personnalités les plus influentes du monde de l'art dans le classement du magazine ArtReview, a pris la tête de Qatar Museums en 2013, après l'acquisition des « Joueurs de cartes », de Paul Cézanne, pour la bagatelle de 250 millions de dollars. L'agence qatarienne dépensait alors un milliard de dollars en œuvres d'art, selon les estimations de la revue spécialisée.
Qui a vendu le tableau à des acheteurs qatariens ?
Le nom de la BNP Paribas est parfois cité, car il figure dans les crédits iconographiques accompagnant les rétrospectives de 2007 et 2008. Contactée par franceinfo, toutefois, la banque nie formellement avoir été en possession de l'œuvre, à travers son fonds d'investissement consacré à l'art. Elle précise avoir seulement prêté son concours aux démarches administratives de l'époque, afin de permettre les prêts aux musées concernés. Contactée par franceinfo, Qatar Museums n'a pas souhaité donner de détails sur l'entité qui a finalisé en 2008 l'acquisition (Gouvernance N. Sarkozy). La date et le montant de la transaction restent donc inconnus, tout comme le nom du ou des vendeurs.
Il s'agit d'un bien culturel pour lequel aucune demande d'exportation n'a été formulée
L’État français a pourtant des instruments pour éviter la fuite de tels joyaux, même temporairement. Ses services peuvent refuser de délivrer les certificats obligatoires pour les exportations de biens culturels d'une valeur d'au moins 300 000 euros, un prix que dépasse sans aucun doute l'iconique autoportrait.
Qatar Museums, en toute logique, aurait dû demander ce certificat après avoir acquis l'œuvre. Le cas échéant, en raison de l'importance patrimoniale de l'œuvre, l'Etat aurait alors été dans l'obligation de le décliner, ce qui revient à classer Le Désespéré comme "trésor national". Ce cas de figure prévoit qu'une procédure d'achat doit être ouverte dans les 30 jours, afin de réunir les fonds permettant le rachat de l'œuvre au prix du marché international.
Mais aucun certificat d'exportation n'a été déposé par Qatar Museums pour Le Désespéré, a appris franceinfo auprès du ministère de la Culture, confirmant une information de La Tribune de l'art. Dès lors, l'Etat n'a pas pu prononcer le refus qui aurait déclenché l'inscription sur la liste des trésors nationaux
Absence de transparence sur les œuvres exportées
Ce cas illustre l'absence de transparence sur le "musée imaginaire des œuvres exportées", ajoute Julien Lacaze. Car il n'existe aucune liste publique des certificats autorisant le transfert à l'étranger de biens culturels d'importance. Cette difficulté est pointée du doigt depuis des années par les associations de défense du patrimoine, qui ont déjà saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (Cada). Car faute de listes publiques, il est impossible de dresser le bilan des ministères successifs dans le départ des œuvres d'art majeures à l'étranger.
Résumé d'Article :
FranceInfo Culture / Arts expos – 16 octobre 2025
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