FISHEYE Immersive
Indispensable pour suivre l'apport des nouvelles technologies numériques dans le champ de l'ART
Fisheyeimmersive N°77 - 24 mai 2026
https://mailchi.mp/fisheyeimmersive.com/fisheye-immersive-16545770?e=be7a4b63da
Edito
Deux ans après le sacre de Noire, on se demandait si une production immersive française pourrait prétendre à nouveau au prix de la « meilleure œuvre immersive » à Cannes. Ces derniers jours, on commençait à y croire sérieusement, probablement du fait d'une compétition pas toujours au niveau de l'enjeu, mais pas uniquement. Au cours de cette troisième édition, la fameuse French Touch est partout : dans les productions d'Atlas V (Eiffel Immersive, Odyssey, Santa's Workshop ou encore Playing With Fire), dans les secrets de fabrication de The Black Mirror Experience, qui s'est vu décerné une mention spéciale par le jury, ainsi que dans Katàbasis d'Ugo Arsac, qui ouvre grand la possibilité de faire jaillir de l’inédit et de la poésie dans les programmes souvent trop codés des films de festival.
Comme à son habitude, le Français explore ici les réseaux d'une ville - New York, en l'occurrence -, à la recherche de celles et ceux qui y vivent, y travaillent ou s'y dissimulent dans l'idée d'échapper au monde extérieur, de trouver un refuge, de penser une autre réalité. Inspiré du mythe de la catabase - rappelons que le réalisateur avait déjà revisité celui d’Orphée -, ce documentaire interactif parvient ainsi à transmettre ce sentiment d’une vie non pas marginale mais en décalage avec le rythme du monde. « Katàbasis est une œuvre immersive magnifique, profondément humaine, authentique et émotionnellement puissante, qui nous permet de nous reconnecter avec ce qui unit des êtres humains apparemment ordinaires », a notamment déclaré Blanca Li, présidente du Jury.
Ce qui frappe d’emblée avec Katàbasis, c’est en effet la générosité de sa construction narrative et son refus de toute hiérarchie entre les personnes filmées. Chacun trouve sa place, son épaisseur, et permet à Ugo Arsac d’accomplir son but : proposer une nouvelle infiltration au cœur d’un réseau parallèle, finement représenté à l'aide de scans 3D et de systèmes génératifs. Félicitations à lui !
―
Maxime Delcourt
Rédacteur en chef de Fisheye Immersive