Canalblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
arts-ticulation
Publicité
18 décembre 2010

EXTREME ART

L'artiste américain Wafaa BILAL, performeur et professeur de photographie à la "New York University", s'est fait greffer un micro-appareil photo à l'arrière du crâne. Le projet est intitulé [The 3rd I ](jeu de mots entre « le troisième moi » et « le troisième œil ») et le site www.3rdi.me, qui le recensera, doit être activé le 15 décembre 2010.

A partir du 31 décembre, l'appareil de Wafaa BILAL — auquel NYU a demandé de le désactiver lorsqu'il donne ses cours — prendra des photos chaque minute, et les images seront transmises par ordinateur à des écrans d'une galerie au Qatar, dans le cadre d'une exposition au Mathaf, nouveau musée d'art moderne à Doha.

Wafaa BILAL, né en Irak, a déjà fait parler de lui en 2007, lorsqu'il s'enferma 1 mois dans une galerie de Chicago où le public était invité à lui tirer dessus avec des pistolets de paintball télécommandés, tandis que les images étaient diffusées sur Internet (Domestic Tension), et en 2008 avec le projet Virtual Jihadi, pour lequel il avait modifié un jeu vidéo en y insérant un avatar de lui-même, figuré en terroriste kamikaze visant George W. Bush et des personnages américains.

BILAL_Wafaa1

Publicité
13 décembre 2010

Artiste à suivre : Dehara YUKINORI

YUKINORI_Dehara___

Sculpteur illustrateur né en 1974 à Kochi, au Japon, il compte parmi les grands créateurs de figurines. Basé à Tokyo depuis 10 ans, Dehara présente chaque année de 4 à 6 expositions à Tokyo, Hong-Kong, New York, Los Angeles et ailleurs. Il crée en moyenne 300 figurines par an et consomme certainement autant de litres de bière. Ses personnages ont été vus dans des publicités pour Nike, NEC, Tower Records, Asics Europe, etc…
Cette année, il a créé un personnage appelé “Kino-yama san” pour la marque Meiji Seika, premier confiseur au Japon. La pub vante les biscuits “Kinoko no yama” ce qui, en japonais, veut dire « la montagne aux champignons ». En février 2010, ses personnages ont enfin pris vie grâce à l’émission hebdomadaire de la chaîne TV Tokyo, “CAKEEES”, dont le DVD est sorti il y a peu au Japon.

             En France, ses productions sont exposées à la galerie ARTOYZ
                            45, rue de l'Arbre Sec - 75001 Paris
                         http://www.artoyz.com/blog/galerie/

15 novembre 2010

picturalisme et réalisme en photographie

Virginie OTTH "les petites définitions"

OTTH_Virginie_pr_sentation

 

".: Actuellement la définition d’une image photographique se traduit en un nombre de pixels ou de dpi... La précision du médium se veut technique, je préfère apprécier d’un point de vue sémiologique. Ce travail des «petites définitions» utilise «la qualité moindre» des téléphones portables des premières générations en relation à la tradition du portrait en peinture. Les sujets sont «illuminés» avec un écran d’ordinateur, donc les moyens d’une nouvelle technologie pour un rendu d’image qui fait référence aux portraits de la Renaissance par la posture des sujets et la lumière directionnelle. L’autre référence à  la peinture se traduit par le pixel agrandi (et conservé carré) qui ressemble à une «touche» de peinture; indéfinissable de prés, le sujet se recompose de loin. La perturbation du signal, le bruit de l’image diminue la lisibilité du sujet et renvoie au médium. Cette technologie numérique nous donne une vision peu réaliste du monde par la dégradation due à  la technologie rudimentaire de l’objet et nous renvoie à  une image du monde beaucoup plus abstraite que prévu. L’esthétique de cette mauvaise définition est pour moi une excellente opportunité de questionner le médium et notre relation au réalisme des images. Le téléphone portable est censé nous donner la possibilité d’enregistrer facilement les petites et la Grande Histoire (si par hasard on a été là ), elle nous en donne en fait une vision dégradée. J’utilise son esthétique Pictorialiste et le peu de précision des images pour sublimer mes sujets et combler le manque de définition par l’imagination et les références à l’histoire de la représentation."

Ce travail est directement daté par une étape de la technologie qui devient déjà obsolète, en effet la nouvelle génération de portable est de bien meilleure qualité et les fichiers s'approchent de la qualité des appareils photographiques, la définition du monde semble donc plus réaliste.

Voir notre article sur ce blog : "Nos œuvres numériques sont-elles immortelles ?"

Le site de Virginie OTTH

http://www.presque-rien.net/

4 octobre 2010

MURAKAMI A VERSAILLES

A Versailles, l’art contemporain n’a pas sa place. Deux ans après la polémique autour de l’exposition des oeuvres de Jeff Koons, le scénario semble vouloir se répéter à l’ouverture de l’exposition de l’artiste japonais Takashi Murakami. Du 14 septembre au 12 décembre 2010, cet artiste installe 22 œuvres inspirées par les mangas dans les appartements royaux du Château. C'est l'autorité culturelle du Qatar qui finance quasi intégralement l'exposition, avec pour projet de montrer l'ensemble à Doha à l'horizon 2012. Mais c'est l'artiste lui-même qui finance la production des nouvelles pièces, qui sont donc à vendre…….
Organisateur en 2000, à titre de commissaire, d'une exposition d'art japonais ironiquement dénommée "Superflat" (superplat), Murakami y montrait les imageries et stéréotypes caractéristiques des loisirs de masse de la société japonaise. Ce qui ne l'empêche pas d'œuvrer lui-même dans ce domaine  et de collaborer avec des designers et des publicitaires.
T. Murakami  « A l'inverse de ce que vous pensez peut-être, je ne suis pas très connu au Japon comme artiste mais plus comme commentateur en matière d'art. On me voit assez souvent à la télé. J'anime une émission à la radio. Mais je n'ai jamais été très bien accepté dans mon pays en tant qu'artiste. Or, cette fois, la nouvelle de cette exposition s'est répandue partout et très rapidement. »
Les réactions :
Pour le président de l’établissement «Château de Versailles», Jean-Jacques Aillagon (ex-ministre de la Culture du gouvernement Sarkosy), ces protestations «émanent de cercles d’extrême-droite intégristes et de cercles très conservateurs». Ils voudraient faire de Versailles «un reliquaire de la nostalgie de la France de l’Ancien Régime, d’une France repliée sur elle-même et hostile à la modernité ». Cette argumentation, très réductrice, utilise l’épouvantail de l’extrême droite pour mettre tous les opposants dans le même sac.
Si nous suivons les très nombreux commentaires des Internautes aux articles consacrés à cette exposition, nous nous apercevons que les réactions sont beaucoup plus nuancées et portent surtout sur la médiatisation publicitaire de cette exposition à des fins de promotion d’un artiste peu reconnu.
« Notre réaction est la mise en cause d’une démarche qui s’apparente à celles des publicitaires qui est d’insérer un message auprès d’un public qui ne peut y échapper. Comme il y a des intérêts économiques en jeu, les suspicions de collusion sont inévitables. On ne supporterait pas qu’une marque fasse sa publicité dans les jardins ou les appartements de Versailles, on ne doit pas accepter qu’un artiste à la recherche de la célébrité fasse sa pub dans ce lieu historique »
« La meilleure approche c'est de savoir à quoi s'en tenir: du « design hype », parfois inventif certes et dans un style personnel, mais rien qui ne puisse se comparer à des œuvres intemporelles, et encore moins des œuvres porteuses de sens. C'est le vide total au sens littéral, la forme sans aucun fond. Dans 2 ans on aura totalement oublié, l'indifférence sera complète. Il ne sert donc à rien de s'exciter pour ou contre: les organisateurs se croient modernes et originaux, ils sont juste ringards. »
Mais beaucoup d’autres Internautes pointent ou dénoncent l’absence de contenu des œuvres : « Il n'y a plus de passé qui enracine, de présent à partager ou d'avenir qui mobilise. Il ne reste que la consommation de masse comme modèle général. »

N’était-ce pas le souhait d’Andy Warhol……

Murakami_blog_1

Murakami_blog_2

31 août 2010

Hyperphotos - Hyperrêves

Jean-François RAUZIER réalise des "hyperphotos", c'est-à-dire des images fabriquées sur ordinateur à partir de centaines de clichés pris sous tous les angles et au téléobjectif. "Aucun objectif ne peut fournir, en une seule prise, cette netteté que j'obtiens en assemblant 200 photos".
La quête de Rauzier ? Faire rêver avant tout comme il a rêvé ces mondes surnaturels, fantastiques et baroques, et aussi "voir à la fois plus large et plus près, arrêter le temps et pouvoir examiner tous les détails de l'image figée". En d'autres termes, réaliser, en même temps, un panoramique à 180 degrés et un zoom ultra serré, pour mettre en avant ce qui échappe à l'œil, à la conscience, à la raison.

RAUZIER_Jean_Fran_ois_citadelle13

RAUZIER_Jean_Fran_ois_evolution

RAUZIER_Jean_Fran_ois_indianbabylone

http://www.rauzier-hyperphoto.com/

Publicité
17 juin 2010

Duane HANSON

Tout le monde (ou presque) connaît Duane Hanson (1925-1996), un sculpteur hyperréaliste américain (classé à tort parmi les artistes du Pop Art) qui s'intéresse avant tout aux gens ordinaires et à leurs existences tout aussi ordinaires.
La thématique

Hanson a d'abord commencé, dans les années 1960, à mettre son talent descriptif au service d'œuvres clairement « engagées » en multipliant les scènes de violence urbaine ou raciste; voire d'accidents de la circulation. Mais, abandonnant progressivement cette espèce de « journalisme plasticien », il s'est mis à privilégier les vieilles dames assises sur une chaise, les couples de touristes à chemise bariolée ou les flics sudistes à la méchanceté caricaturale (de son propre aveu). Non qu'il ait cessé d'être révolté par l'injustice et les défauts du « système », mais plutôt qu'il ait eu envie de se consacrer à ce qu'il y a de meilleur en l'homme ― laissant à d'autres le soin d'en explorer la part d'ombre.
La dimension politique de son travail n'en reste pas moins évidente, mais passe au second plan derrière la puissance poétique des personnages grandeur nature que l'on ne peut s'empêcher de croire prêts à s'animer et à vous faire la conversation…
« Mes images ne sont pas plus que ce que vous voyez dans la vie réelle. Le monde est tellement remarquable, inouï, surprenant, qu'il n'est nul besoin de forcer le trait. Ce qui existe autour de nous est simplement confondant » Duane Hanson.
La technique

Dans le cas de Duane Hanson, comme chez ses contemporains Georges Segal, John de Andrea ou l'anglais John Davies, la méthode utilisée est celle du moulage du corps humain et non celle du modelage. Ces techniques sont deux modes d'appréhension du réel extrêmement différents, même si le résultat peut sembler proche. Contrairement au modelage, le moulage du corps était initialement une technique funéraire. Dans l’art contemporain, elle est devenue un équivalent de la photographie : fixer de manière « vraie » et « authentique » le présent.
Exposition Duane Hanson, pavillon Paul DELOUVRIER / Parc de la Villette / Paris XIXe - jusqu'au 15 août – exposition gratuite - entrée libre.

HANSON

20 avril 2010

Valérie BELIN - photographe

A l’ère du corps formaté et du visage botoxé, la photographe Valérie Belin dresse tour à tour des portraits de référence qui peuplent les magazines de papier glacé. Elle pousse l’art de l’esthétique dans ses retranchements à travers des séries où les visages et les bustes capturés sur fond noir tiennent davantage des spectres ou des robots que des êtres humains. Valérie Belin questionne la morphologie et les codes de représentations véhiculés par les médias. Les séries réalisées en couleur suite à une sélection des modèles sur catalogue d’agences de mannequins, placent le spectateur dans une situation de joueur. A lui revient le rôle de décrypter la supercherie du réel présent dans chaque visage à la beauté plastifiée. Les portraits, divisés à part égale entre masculin et féminin ignorent le spectateur de leurs yeux creux et vitreux. Des femmes aux bustes nus et immaculés et aux regards errants laissent deviner une fausse humanité, celle-là même rencontrée dans les vitrines de prêt-à-porter. L’ambivalence du mot mannequin est ici exploitée à juste titre, puisque les identités lisses et impersonnelles cèdent leur place au mannequin de plastique, comme l'aveu d’échec de notre incapacité à différencier modèle artificiel et être humain.

BELIN_Val_rie_008 BELIN_Val_rie_011 BELIN_Val_rie_015

BELIN_Val_rie_025  BELIN_Val_rie_029   BELIN_Val_rie_036

25 mars 2010

CRIME ET CHATIMENT

L'exposition Crime et châtiment envisage une période d'environ deux siècles : de 1791, lorsque Le Peletier de Saint-Fargeau réclame la suppression de la peine de mort, jusqu'au 30 septembre 1981, date du vote de son abolition en France. Durant toutes ces années, la littérature a créé d'innombrables personnages de criminels. Le titre de l'exposition est lui-même emprunté à Dostoïevski. Dans la presse, notamment dans les quotidiens illustrés, le crime de sang décuple par la fiction du romanesque sa puissance fantasmatique.
Dans le même temps, le thème criminel investit les arts visuels. Chez les plus grands peintres, Goya, Géricault, Picasso ou Magritte, les représentations du crime ou de la peine capitale sont à l'origine d'œuvres saisissantes. Le cinéma également assimile sans tarder les charmes troubles d'une violence extrême, sa représentation la transformant même en plaisir, voire en volupté.
C'est encore à la fin du XIXe que naît et se développe une approche du tempérament délinquant qui se veut scientifique. On cherche à démontrer que les constantes du criminel s'inscriraient dans sa physiologie même. De telles théories ont une influence considérable sur la peinture, la sculpture ou la photographie (Bertillon). Enfin, à la violence du crime répond celle du châtiment : comment ne pas rappeler l'omniprésence des motifs du gibet, du garrot, de la guillotine ou de la chaise électrique ?
Au-delà du crime, il s'agit de poser encore et toujours le problème du Mal, et au-delà de la circonstance sociale, l'inquiétude métaphysique. A ces questions, l'art apporte un témoignage spectaculaire. Esthétique de la violence, violence de l'esthétique, cette exposition ne saurait que les réconcilier en rapprochant des images de toutes sortes, littérature et musique. 

http://www.musee-orsay.fr/

bertillon

5 octobre 2009

BEAUTE et GOUT -

"La beauté n'est pas une qualité inhérente aux choses, elle existe seulement dans l'esprit qui la contemple et chaque esprit perçoit une beauté différente" KANT

Dés son apparition, attestée au XIIIème siècle dans la langue française, le mot "gout" associe à la fois les plaisirs de la table et ceux de l'esprit. Ce lien entre l'univers gustatif et le monde de l'esthétique sera réaffirmé à de nombreuses reprises. Dans "l'Encyclopédie" de Diderot et d'Alembert à la fin du 18ème siècle, à l'article "gout" le philosophe Louis De Jeaucourt parle "du sens admirable par lequel on discerne les saveurs" et il explique que cette distinction n'est pas innée et s'acquiert avec le temps et le travail, qu'elle est forcément subjective et que l'imagination y joue un grand rôle. Voltaire prolonge cette définition par une réflexion esthétique : "le gout a aussi à faire avec le plaisir intellectuel et qu'il y a la même connivence entre le plaisir d'un banquet et la contemplation d'un tableau". Ce qui est mis en relation dans cette équivalence, c'est la dimension de sociabilité du gout et sa capacité à définir un groupe humain. Cette idée forte se retrouve au 20ème siècle dans les recherches sociologiques de Pierre Bourdieu quand il pose le concept de distinction : Dis-moi ce que tu choisis et aimes et je te dirai qui tu es, à quelle couche sociale tu appartiens et quelles seront tes valeurs idéologiques.

"L'art doit envoyer valser le bon et le mauvais gout" Marcel DUCHAMP

Les normes du gout d'une époque ne sont pas figées et l'un des buts de l'art est devenu de tester, déplacer ces normes. Mais le "vrai" gout en définitive est celui qu'impose le public en adhérant ou en rejetant les nouveautés artistiques. Les accumulations et sérigraphies de bouteilles de Coca Cola d'Andy Warhol ont été adoptées par le public et la machine "Cloaca" de Wim Delvoye suscite la curiosité des visiteurs, l'intérêt des investisseurs et la demande des institutions culturelles.

DUCHAMP_Roue_de_bicyclette2_1913  DUCHAMP___LHOOQ2_1919

3 septembre 2009

Takashi MURAKAMI

Takashi Murakami est une figure majeure du "néo pop-art" japonais, il est le reflet de la culture consommatrice japonaise et du phénomène Otaku. Son œuvre immergée dans l'univers des manga et des jeux vidéos, à première vu ludique, porte également un regard critique sur la société et la créativité japonaise contemporaine en incarnant la nouvelle création artistique au Japon dans son exubérance et sa fantaisie.

Comme le pop-art dans les années 60, l'art contemporain nippon se nourrit de la culture populaire: c'est le manga-art. En digne successeur de Andy Warhol, Takashi Murakami, qui a passé la quarantaine, se nourrit des nouveaux standards visuels et la situation de la culture japonaise, entre tradition et référence occidentale, technologie et consommation. s'abreuvant de la mode Kawaii et autres kitty il recrée la pop art à sa manière en utilisant des motifs simples tels des champignons puis des yeux qui deviennent des motifs a part entière, imprimés à l'infini et de manière répétitive sur une surface, ils ont alors la densité d'un motif de camouflage, comme celui que déclinait Andy Warhol dans les années 1980.

Takashi Murakami :" Au départ, mon œuvre a subi la double influence de Warhol et de Disney. Prenez mon personnage de Mr DOB par exemple. C’est une sorte de clone de Mickey. Un Mickey sous l'emprise d'un virus mutant. je le décline comme Warhol l'a fait avec ses portraits de Marilyn. Toutes mes premières icônes sont chargées du contexte politique et écologique de ces années 70. "" Je tente d'expérimenter dans mon œuvre les délires visuels psychédéliques et d'approcher les frontières de la folie comme du rêve. C'est pour ça que j'emploie des motifs répétés et de dessins aux couleurs vives. "

MURAKAMI_525a  MURAKAMI___013

MURAKAMI___003

16 mai 2009

LE COLLECTIF PLEIX

 Créé en 2001, Pleix est un collectif de sept artistes parisiens, — infographistes, graphistes musiciens — alternant réalisation de travaux alimentaires tels que des clips vidéos et des publicités avec une recherche esthétique et plastique personnelle. Leur univers emprunte au jeu vidéo, au cinéma, à la musique électronique, mais aussi au design graphique et aux arts plastiques. Pleix réutilise les moyens et codes visuels de la publicité, en les exagérant volontairement afin de mieux les détourner et dénoncer, avec un humour qui leur est propre, la chosification et la deshumanisation de l'individu par la société de consommation. Dans Pride's Paranoïa, le personnage principal se transforme peu à peu en machine -- les différents objets des vitrines et supermarché de Future City s'agglutinant autour de lui comme s'il était aimanté --, caricature féroce du consommateur «terriblement fier», désirant se défaire de son «complexe de superhéros» en achetant compulsivement, et qui ne «peut pas dormir tant que ça n'est pas fait». De la même façon, les personnages du clip Itsu, réalisé pour le groupe Plaid, se transforment petit à petit en psychopathes sur fond de diagrammes des bénéfices de l'entreprise dont ils font partie. L'empreinte de Pleix pourrait également être un travail commun sur les limites, les contradictions, les accidents qui montrent ces états d'incertitude, de fragilité inhérents au monde numérique.

 http://www.pleix.net/

PLEIX_4PLEIX_5

Parmi les films de Pleix, Beauty Kit est une série glaçante de « spots publicitaires » pour un kit de chirurgie esthétique à l’attention des petites filles : prothèses mammaires miniatures fournies avec micro-scalpel et mode d’emploi, nécessaires à liposuccion ou à chirurgie nasale déballés par des gamines extasiées. Dans la même veine, E-baby nous colle face à un bébé en couveuse, que sa mère pouponne à distance, via une paire de terrifiants gants noirs pilotés par ordinateur. Sometimes sème le trouble avec des images, disséquant au ralenti l’explosion d’un gratte-ciel en 3D. Le collectif assume la référence au 11 septembre et à la fascination que l’effondrement des tours jumelles a provoquée dans le monde entier, tout en revendiquant une analyse physique de la destruction, dénuée de toute dimension politique.

« Nous n’avons pas envie de porter de message, de jouer les moralisateurs. Nous sommes simplement un peu éponges, inspirés par tout ce qui nous entoure. »

                                                                                 

20 avril 2009

BARBIE, une quinquagénaire sur le déclin ?

• Accusée de déformer l'image de la femme chez les petites filles et de favoriser l'anorexie, talonnée par une concurrente et confrontée à une chute inexorable des ventes, la poupée Barbie fête son cinquantième anniversaire.

Née Barbara Millicent Robert le 9 mars 1959 à Willows, dans le Wisconsin, le jouet-mannequin de 29 centimètres de haut, aux jambes interminables et à la poitrine trop haut perchée pour être naturelle, a battu tous les records après avoir causé la stupeur à une Foire aux jouets à New York cette année-là. On était loin des poupons en celluloïd aux cuisses potelées. Avec 300.000 exemplaires achetés dès 1959, c’est le jouet le plus vendu au monde. Son fan club compterait 18 millions de membres. La Semaine de la Mode qui s'ouvre à New York le 12 février a programmé un événement où «cinquante stylistes célèbreront Barbie comme icône de mode, et présenteront un défilé tri-générationnel (Passé, Présent et Futur)». Le chausseur français Christian Louboutin répondra des chaussures. La créatrice Vera Wang a ainsi dessiné une robe de mariée qui sera vendue 15.000 dollars dans sa version grandeur nature. La poupée portant la même robe coûte 159,99 dollars chez «Toys"R"Us».Le fabricant de jouets Mattel, «père» de Barbie, vient de signer un contrat avec l'Association des créateurs américains. Sa présidente, Diane von Furstenberg, voit en Barbie «une femme indépendante et confiante, dotée d'une étonnante capacité à s'amuser tout en restant élégante». Pour ses 108 professions, Barbie a eu tous les costumes et accessoires assortis, notamment un uniforme approuvé par le Pentagone lorsqu'elle s'enrôla dans l'armée américaine en 1989. Allure à la Grace Kelly dans les années 1960, elle est hippie dans les années 1970, femme d'affaires dans les années 1980 et candidate à la Maison Blanche en 1992. Puis, faisant couler des flots d'encre, elle rompit avec son fiancé Ken en 2004.Cependant ses ventes ont encore chuté en 2008, pour la septième année consécutive depuis l'apparition de sa concurrente Bratz, une poupée à la tête et aux yeux démesurés et aux tenues dévoilant le nombril, attribut dont Barbie n'est dotée que depuis 2000. (d’après AFP).

barbie_grosse  vieille_barbie

24 janvier 2009

PROJET FACE YOUR POCKETS

 Projet artistique collaboratif sur Internet

Les internautes sont invités à envoyer leur autoportrait réalisé non pas avec un appareil photo mais en mettant leur visage sur un scanner et en créant une mise en page / mise en scène par la présence d'objets personnels (les objets qu'ils ont dans les poches ......)

 http://www.faceyourpockets.com/

a_khozina     annenkova_nadia

29 novembre 2009

L'ART EST-IL INUTILE ?

Cette question en apparence provocatrice peut sembler n’être qu’une des nombreuses railleries auxquelles nous ont habitué les adeptes de Marcel Duchamp. En fait, dans une société industrielle quelles fonctions remplies l’art ?

L''art est "inutile", signifie seulement que ni la peinture ni la musique ne concourent à combler des besoins naturels ou instrumentaux. On ne peut pas se nourrir avec des tableaux, on ne peut pas se vêtir avec de la musique, ... C'est peut-être dommage, mais c'est ainsi ! Pourquoi ne pas finalement considérer l'inutilité positivement ? N'avons-nous pas, paradoxalement, besoin de ce dont nous n'avons nul besoin ? Autrement dit : la valeur de l'art ne réside-t-elle pas justement, dans cette inutilité, d'abord "dénoncée" ?

L'art est-il utile ? Oui. Pourquoi ? Parce qu'il est l'art." disait Baudelaire.

Si nous penchons en faveur de cette idée, nous pourrions nous inspirer des analyses du jugement esthétique de Kant : L'idée d'une "finalité sans [considération de la] fin". L'inutilité "matérielle" de l'art est-elle la condition de son utilité "spirituelle" ?

Nous pourrions en douter lorsque nous constatons son utilité "financière" par les sommes versées pour acquérir certaines œuvres ou les campagnes médiatiques pour promouvoir un artiste "incontournable".

BEN_l_art_c_est_du_vol_  BEN_L_art_est_inutile_1957

6 septembre 2024

Maladresse dans l'art contemporain

Maladresse dans l’art contemporain – vérité du geste ou illusion esthétique ?

Victoria Lacombe – Sept. 2024

Ce livre explore l’esthétique surprenante de la maladresse, qui englobe l’inexpérience, la gaucherie, le handicap et le hasard*. L’auteur explique comment cette maladresse, utilisée comme une technique dans la pratique artistique, aboutit à la création d’un nouvel académisme. Le livre met en lumière l’émergence d’une nouvelle sensibilité qui valorise le burlesque, l’idiotie et le monstrueux, contribuant ainsi à un certain désenchantement du monde.

*Cette technique prend sa source dans l'écriture automatique issue du surréalisme. Libérer le geste (le corps) des apprentissages pour revenir à un état premier (primitif). Il s'agit après la seconde guerre d'une réaction à la Culture (civilisée, savante, rationnelle, technique, ...) qui a construit les génocides et la bombe atomique (Hiroshima)

 

1 février 2020

concours photographique et exposition sur le thème de la censure dans les médias.

censorship-2020

LA GALERIE 8CO 119

Appel à candidature

Nous collaborons avec Foto Femme United (FFU) pour lancer leur tout premier concours photographique, et exposition sur le thème de la censure dans les médias. L’exposition pop-up aura lieu du 12 au 19 mars 2020. L’appel ouvert a commencé le 30 Décembre 2019 et se termine le 15 février 2020 à minuit. Le concours est gratuit et ouvert aux personnes binaires, non-binaires, femmes cisgenres et transgenres.

SAISIR L’OCCASION D’EDUQUER

FFU  affirme que la censure de l’art sur les réseaux sociaux est non seulement gênante : impitoyable tout en étant aléatoire, mais qu’elle cache une dimension plus profonde. April Wiser, fondatrice de la FFU, affirme que “des géants des réseaux sociaux comme Instagram et Facebook démontrent par exemple, à travers ces actes de censure, que la forme féminine ne peut et ne doit exister que dans un espace très restreint. Simplement parce qu’une femme est nue, cela signifie qu’elle doit être sexualisée. Ils vont même jusqu’à censurer l’activisme féministe et rendent difficile la diffusion d’une voix ou d’une plateforme. Cette exposition a été créée dans le but de fournir un espace aux photographes pour montrer leur art censuré ou interdit, ainsi que pour éduquer le public sur les injustices présentes sur les réseaux sociaux.”

CONTESTER LES STATISTIQUES

Les statistiques mondiales indiquent que les femmes représentent encore moins de la moitié des photographes exposés dans les grand musées, concours et foires photographiques tels que Paris Photo ou Les Rencontres d’Arles. “Nous n’avons pas à nous soumettre à l’industrie de la photographie. Nous pouvons démontrer que nous, les femmes photographes, sommes tout aussi qualifiées et méritons des opportunités d’exposition. Nous pouvons agir et créer nos propres concours et organiser nos propres expositions afin de nous donner mutuellement un espace visible,” déclare April Wiser, fondatrice de la FFU.

UN JURY D’HABILITATION

Le jury de l’exposition sera composé de Kinuko Esther Asano conservatrice et directrice artistique de la Galerie &CO119 , Lou Tsatsas, journaliste du  Fisheye Magazine et April Wiser, fondatrice de Foto Femme United.

INFORMATIONS

EN RAISON DU CONFINEMENT LIÈ AU CORONAVIRUS L'EXPOSITION EST REPORTÈE .... A SUIVRE

Dates :

Lieu : Galerie &co119. --- 119, rue Vieille du Temple / 75003 PARIS

Site : https://8co119.co/

Pour participer c’est par ici: https://www.fotofemmeunited.com/exhibit

Les demandes de renseignements sur les partenariats sont les bienvenues, envoyez un courriel à april@fotofemmeunited.com.

https://8co119.co/cnsorshp-le-concours-exposition-pour-faire-bouger-les-choses/

23 janvier 2018

Fin de la Brigade des Images

La Brigade des Images, Laurent QuenhenFin de la Brigade des Images décidée par la Ville de Paris, des centaines de cinéastes et vidéastes ont fait leurs gammes avec la Brigade des Images, souvent en réalisant des films spécialement pour les appels à projets thématiques qui étaient des commissariats de films courts. Justine Triet, Estelle Artus, Arnold Pasquier, Angélika Markul, Vanessa Santullo, Pop Grafica, Guillaume Robert, Zhenchen Liu, Mariken Kramer, Mandra Wabäck, Eric Valette, Ilya Falkovskii, Maike Freess, Isabelle Ferreira, Anne Brégeaut, Valérie Mréjen, Hélèna Villovitch, Charlie Jeffery, Olivier Bosson, Joël Bartoloméo... et tant d’autres avec des présentations à Paris et des invitations dans les instituts français à l’étranger, récemment au Goethe Institut.

15 ans de programmations et de sélections, un site bilingue dès sa création en 2002 et des films reçus du monde entier.

 La Brigade des Images était accréditée chaque année au Festival Cinématographique de Cannes.

C’était une des rares associations à être invitée et reconnue par les professionnels du cinéma international.
La subvention de 2000 euros par an permettait de réaliser la communication, le montage, traduction, sous-titrage, appels à projets et site bilingue depuis sa création avec uniquement du bénévolat pour l’encadrer.

Quand on pense aux millions pour Pinault, Koons et que l’on voit que la Mairie décide de stopper une association qui permet aux jeunes réalisateurs de faire des films, de les présenter en France et à l’étranger, c’est honteux. Ce n’est même pas le montant d’un pot de réunion de la DAC Paris.
Jamais un artiste, vidéaste, cinéaste, spectateur n’a payé quoi que ce soit pour participer ou voir les films, c’est la condition sine qua non d’un cinéma ouvert, ce qu’on appelle aussi éducation populaire pour tous.

Des sélections présentées dans les lycées professionnels de banlieue à des jeunes qui ont découvert par ce biais des courts-métrages d’artistes, de vidéastes et jeunes réalisateurs, l’art tout simplement qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de voir ailleurs.
Nous avons fait un travail sérieux, cela n’intéresse pas la Ville de Paris, c’est humiliant pour Paris, mais aussi pour tous les jeunes vidéastes et cinéastes français et étrangers.

Laurent Quénéhen, président de la Brigade des Images.

5 novembre 2015

MAGRITTE - la trahison des images "ceci n'est pas une pipe" - 1928

Comment ce présente cette œuvre de Magritte ?  

-- Une image (format 59x65cm), contenant une représentation d’un objet et du texte, réalisée avec un médium (peinture à l’huile) déposée sur un support de tissu (toile) montée sur un chassis.

-- La représentation d'un objet (une pipe) qui n’est pas en rapport avec la taille réelle de l’objet.

-- Un ordre de lecture de haut en bas : l'image de la pipe en premier et ensuite le texte.

-- Un texte qui inclut dans l'image (ceci n'est pas une pipe) devient lui-même l’image d’un texte.

-- Un titre - "la trahison des images " et la signature de l'artiste

Cette image est-elle la condamnation de toutes les images ?

Est-elle aussi sa propre condamnation ?

1 - Il s'agit d'une image appartenant au champ de l’art

Elle est réalisée avec un médium et un support qui appartiennent à la tradition artistique : la peinture à l'huile sur toile, encadrée et exposée dans une galerie. Comme toute œuvre d'art, elle est munie d'un titre et du nom de l'artiste (inscrit dans l'œuvre et dans le mode d'exposition).

Quelle fonction Magritte assigne-t-il à cette œuvre ? Amener les spectateurs à réfléchir.

Mais à quoi ?

 2 - L'image d'un objet n'est pas l'équivalent de l'objet

Pouvons-nous utiliser l'image de la pipe à la place de la pipe réelle ?

L'image ne nous renseigne pas sur la consistance de la pipe, son poids, ses différentes faces, ses dimensions réelles. Nous ne pouvons rien savoir des qualités d’un objet représenté. Magritte dénonce notre tendance à prendre l'image pour l'équivalent de l'objet en créant une "contradiction" entre le texte (ceci n'est pas une pipe) et la représentation de la pipe. Mais cet avertissement, est-ce qu'il crée une contradiction ?

En fait, il énonce une évidence : Ce n'est pas une pipe. Il n'y aurait donc contradiction que pour le spectateur (naif ?) qui croit que l'image peut se substituer à l'objet ou que la représentattion d'un objet est l'équivalent de l'objet.

  3 -  Le rapport entre la représentation d'un objet et l'objet est conventionnel.

L’ordre de lecture de haut en bas : l'image de l'objet (la pipe) et ensuite le texte («ceci n'est pas une pipe» écrit d’une graphie scolaire)). Ce procédé nous rappelle que l'apprentissage des enfants commence par la mémorisation (corporelle, tactile, sonore et visuelle) des objets et ensuite à faire correspondre les objets avec des "mots" et leur dénotation dans l'image.

Nous apprenons à "voir" avant de "nommer". Mais que ce passe t'il quand l'objet n'est pas présent ?

C'est le mot ou l'image qui le remplace. Mais l'objet est-il dans notre environnement, en avons-nous eu l'expérience, existe t'il réellement ?  Nous apprenons donc, dés l'enfance, à différencier deux réalités :

-- La réalité vérifiable / La réalité invérifiable connue par les mots ou les images.

L’éducation consiste à apprendre aux enfants à accepter comme "vraie" les images car elles sont la seule voie d’accès à ce qui ne peut être présent. La conséquence est de donner à l’image un statut de connaissance et de vérité pour désigner, transcrire et se substituer à l’absence de l’objet.

 4 - Doit-on aussi se méfier des mots ?

« Ceci n’est pas une pipe* » est tracé dans l’image, le texte acquiert de par sa position (intentionnelle) le statut d’image. Magritte effectue un parallèle entre le statut de la représentation et les mots représentés dans cette peinture par leur écriture..

Que se passerait il si nous allions à l’encontre des règles (éducation/convention) qui relient les représentations (image et mot) et les «choses**» ?

 5 - La trahison des images

Ce qui est dénoncé par Magritte, c’est notre propension à prendre les représentations (mots et images) en place des «choses».  Mais qui doit-on accuser ? Le rôle de l’artiste n’est-il pas de construire des représentations ? Cela peut paraître contradictoire de condamner la représentation dans  … le champ de la représentation. C’est donc une mise en garde que nous adresse Magritte à l’égard des représentations en général.

 ----------------------------------------------------------------------

*Le mot "pipe" est un terme générique, il ne pourra jamais désigner précisément une pipe particulière et unique.

La dénotation «pipe» (la représentation de l’objet et le mot inscrit) s’oppose à la connotation du terme qui en argot désigne un acte sexuel. Quand l’image tend à se substituer à la réalisation du désir, elle ne peut qu’être la source du manque de sa réalisation. Mécanisme psychologique bien connu sur lequel se fonde la publicité, la pornographie, etc. ….

** L’équivoque ontologique à utiliser ce terme plutôt que celui d’objet est volontaire. Il nous rappelle que : chose / réalité / objet sont des représentations que nous construisons de la «réalité». La culture consiste à circonscrire, construire et articuler des « choses » selon leur caractère opératoire sur la «réalité».

 -------------------------------------------------------------------

Dino BUZZATI «la Baliverna» - 1959 – forteresse métaphore du dictionnaire / une pierre (un mot) est enlevée et tout l’édifice s’écroule.

 Marcel DUCHAMP – «roue de bicyclette» 1913 - la présentation de l’objet contre sa représentation considérée comme étant «l’état d’âme» de l’artiste.

 Joseph KOSUTH – série des proto-investigations «one and three chairs» - installation 1965 - Photocopie agrandie de la définition de la chaise dans un dictionnaire, représentation photographique de la chaise et la chaise-objet .

Michel FOUCAULT - «ceci n’est pas une pipe» Ed. Fata Morgana -‎ 1973

 

Magritte ceci n'est pas une pipe

Ira CARTER - Magritte divorce ''ceci n'est pas une pipe'' - 2018 collage numérique

Ira CARTER "le divorce Magritte" - 2018

 

3 avril 2011

[ FACE TO FACEBOOK ] détournement d’E-Identité

Vous pensiez être à l’abri dans le cocon moelleux de votre réseau social préféré, et voilà que vous vous affichez tout sourire sur un site de rencontre, à votre insu, parmi des centaines de milliers d’autres inconnus au regard libidineux, sans doute tout aussi surpris de se retrouver là. Vous êtes l’une des victimes du dernier rapt de données personnelles à grande échelle fomenté par le duo italiens, le théoricien des médias Alessandro Ludovico et l’artiste Paolo Cirio, qui ont passé des mois à télécharger un million de profils d’utilisateurs de Facebook. Des données publiques comme le nom, le pays, les groupes auxquels ils ont souscrit et surtout la photo de leur profil que les agitateurs ont consigné dans une base de données en ligne.

« Se plonger dans ces données fut une expérience hallucinante, intoxiqués que nous étions par ces sourires sans fin, ces regards séducteurs et ces expressions lascives, expliquent les auteurs. Après quelques semaines, nous nous sommes rendus à l’évidence. Tout ce que ces gens voulaient, c’était élargir encore le cercle de leurs relations, exprimer et recevoir de l’amour via leurs traits numériques. Mais ils étaient piégés par Facebook, propriétaire exclusif de leurs données », ironisent Ludovico et Cirio. Ils décident alors d’assouvir ce « désir inconscient de rencontre avec des inconnus », de « libérer ces données personnelles » et de « donner à ces identités virtuelles un nouvel espace partagé pour s’exhiber librement ».

Avec leur projet Face to Facebook, ils attirent l’attention des adeptes des réseaux sociaux sur ces informations sensibles qu’ils publient, sujettes à la manipulation et au vol d’identité. « Notre hack n’est pas un truc sophistiqué, insistent les artistes. C’est à la portée de chacun de voler des données personnelles et les réutiliser dans un contexte totalement imprévu. »

Les auteurs de ce « hack conceptuel » comparent Facebook à une « fête éternelle et illusoire, sous surveillance et enregistrée pour toujours. Et comme dans toute fiesta, ce qu’il s’y passe est privé mais a le potentiel de devenir public si c’est partagé accidentellement ».

Ils concluent ainsi leur oeuvre antimonopole, démontrant qu’en dépit des barrières de protection dont ils s’entourent, ces géants sont loin d’être infaillibles. « Face to Facebook », exposé en ce moment au festival Transmediale 2011 à Berlin, souligne combien est fragile une identité virtuelle confiée aveuglément à une plateforme propriétaire.

http://face-to-facebook.net/

FACE_TO_FACEBOOK___2011

10 février 2021

Le recyclage des "Arts incohérents" par l'Art Contemporain -

Une malle, avec à l’intérieur 17 œuvres des  tumultueux  « Arts incohérents », vient d’être découverte chez des particuliers. De quoi remettre en lumière ce contre-salon qui défraya la chronique à la fin du XIXème siècle, injustement oublié aujourd’hui. On estime qu’en une dizaine d’années, celui-ci produisit  un millier d’œuvres mais aucune œuvre originale n’avait survécu…jusqu’ici ! Le contenu de la malle convaincra ceux qui croyaient que les monochromes bleus d’Yves Klein ou les peintures blanches de Ryman n’étaient que redites du carré blanc sur fond blanc de Malevitch de 1918 : nenni,  car revoilà une huile sur toile, carrée, noire, datant d’octobre 1882 et signée Paul Bilhaud (1854-1933). Attention le titre de ce  "premier monochrome de l'histoire" (conservé) n’est pas politiquement correct : "Combat de nègres, pendant la nuit ».

On savait qu’Alphonse Allais, autre « artiste monochroïdal » autoproclamé, avait exposé lui aussi en 1882 un sobre bristol blanc : « Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige ».  Certes on n’a pas (encore) retrouvé les balles de revolver tirées par Charles Angrand sur sa toile « Paysage financier », mais c’était déjà un happening et une trouvaille verbale. Le  cheval vivant exposé en 1889 a rendu l’âme depuis longtemps mais c’était déjà une installation (le maître de l’Arte Povera, Kounellis, qui en 1969 exposa douze chevaux vivants à Rome, n’est qu’un suiveur ). La « Terre cuite » (pomme de)  d’Allais, les tableaux en pain, (des « croûtes » bien sûr), ont disparus eux-aussi mais c’était déjà du « eat-art » sans en porter le nom. Et c’est bien là le problème, la « faute » originelle des Arts incohérents : ils n’ont pas théorisé leurs découvertes ! Mais ce qui ne s’appelait pas encore « monochrome », « ready-made », « assemblage »,  etc. a bel été inventé de 1882 à 1893 par Toulouse-Lautrec, Caran d’Ache et autres joyeux drilles réunis autour de Jules Lévy pour conjuguer satire et gala de bienfaisance. Ils parodiaient le Salon officiel mais refusaient la sélection comme le sérieux, héritiers d’une longue tradition occidentale de carnaval et de chahut : c’était pour rire ! Or les pitreries Incohérentes lassèrent vite par leur répétitivité et J. Lévy saborda son mouvement. Les Arts incohérents ne firent donc, officiellement, pas école  et c’est bien ce que leur reprochent les théoriciens de l’AC, qui, eux, en tirèrent la leçon : pour durer, la blague doit être prise au sérieux ; elle peut, doit même, intimider le spectateur par un « discours », un appareillage de concepts légitimateurs … Ainsi l’AC, qui recycla sans le dire les inventions des Incohérents,  réussit à s’imposer et dure encore.

Connu des dadaïstes et des surréalistes, le grand public oublia ce contre-salon, malgré les travaux d’historiens et une exposition-dossier du Musée d’Orsay en 1992. Le groupe « Présence Panchounette » avait alors reconstitué les œuvres défuntes mais l’affaire fut assez peu médiatisée car, longtemps, les Arts incohérents furent l’inavouable « origine du monde » de l’art dit contemporain, qui prend un coup de vieux : pensez, 140 ans ! Oui, la Joconde à moustache de Duchamp en 1919 avait une grand-mère : la Mona Lisa de Sapeck fumant une pipe dès 1887 ! L’étoile de Duchamp pâlit : il n’est pas le génial inventeur de cet « objet élevé au rang d'œuvre d'art par un artiste » mais seulement de sa dénomination, le « ready-made ». D’ailleurs la fameuse malle en recèle déjà un, d’Alphonse Allais : un rideau de fiacre vert moiré suspendu à un cylindre en bois, légendé," Des souteneurs encore dans la force de l'âge et le ventre dans l'herbe boivent de l'absinthe".

Ces récentes découvertes seront vendues aux enchères : le musée d’Orsay (qui est venu voir, dit-on)  va-t-il acheter et, si oui, comment la malle  sera-t-elle présentée ? Comme la preuve du tour de passe–passe accompli par l’AC, celui du non-conformisme devenu conformisme, ou comme une première tentative, maladroite, d’un art de la transgression qui sut renier bonne humeur et gratuité « immatures » pour s’imposer comme un art officiel et financier ?

Christine Sourgins

    

LE GRAIN DE SEL

16 octobre 2024

Pass-culture et la culture trépasse

Pass-culture et la culture trépasse 

Le Pass-culture est un bon exemple de ce jeu de dupes : censé inciter les jeunes à découvrir la diversité culturelle, ses 300 euros à dépenser, au choix des 18 ans, sont contre-productifs, dixit le Monde (1).  Car les plus aisés en profitent le plus (un comble, ils ont déjà les moyens) et la majorité des dépenses va aux mangas, jeux vidéo ou films à succès qui n’avaient nul besoin de coup de pouce.  Le Pass culture encourage la culture « mainstream » au lieu de favoriser la découverte et l’argent public finit dans la poche de producteurs privés souvent étrangers, sans compter que, dans une France gangrenée par des trafics en tous genre, il y en a même un sur les Pass culture ! Ce fiasco creuse à prix d’or les inégalités qu’il devait corriger : deux cent soixante millions d’euros, trois fois ce que dépense l’Etat pour l’éducation artistique ! Un second Pass culture a vu le jour en 2022, collectif et non individuel, ajout au premier il ne le remplace pas et les évaluations manquent. Si le milieu culturel est hostile, Rachida Dati sceptique, ce « symbole politique macroniste » a la vie dure même si, cerise sur le gâteau de la dette, la société gestionnaire du Pass (166 salariés) a été épinglée pour son opacité !

La bêtise en gloire

Autre exemple de « dupe culture » le livre de Morgan Labar « La gloire de la bêtise - Régression et superficialités dans les arts depuis la fin des années 80 »(2) confirmant que « le succès de la bêtise compulsive est éclatant. Les cultures propres à l'adolescence deviennent le lieu d'une fixation, d'un refus d'accéder à l'univers normé de la culture « adulte » » ; l’auteur déplorant simplement que « la bêtise a parfois perdu sa dimension critique et son caractère subversif pour devenir l'une des logiques culturelles de l'époque ». Peu de nouveauté ici, le sujet a été traité maintes fois et par des auteurs institutionnels appuyés sur la tradition dadaïste de l’anti-sens (Cf le livre de Jean-Yves Jouannais sur « L'idiotie : Art, vie, politique-méthode » en 2003). Loin d’être une auto-critique, ces textes revalorisent l’idiotie même, une manière de couper l’herbe sous le pied des critiques de l’AC prompts à l’accuser de bêtise : l’idiotie est une émancipation (du logos) et une manipulation comme une autre… l’AC entend en rester maître.

Si vous cherchez une antidote à cette « dupe culture »-là, tournez-vous plutôt vers l’édition poche du livre d’Aude de Kerros qui vient de sortir avec un chapitre inédit, chez Eyrolles : « Art contemporain, manipulation et géopolitique »

 

(1) M. Guerrin « Qui osera supprimer le Pass culture ? » Le Monde, 14/09/24, p.32.

(2) Publié par les Presses du Réel ; historien et critique d'art, Morgan Labar (né en 1987) a dirigé l'École supérieure d'art d'Avignon puis les Beaux-arts de Lyon…etc.

-----------------------------------------------------------------------------------------

Christine Sourgins  "Le grain de sel"  / Mardi 15 octobre 2024

http://www.sourgins.fr/

11 décembre 2019

L'art de l'incruste

L'art de l'incruste

A Paris, le 23 novembre, lors de la marche contre les violences faites aux femmes, au milieu de la foule d’anonymes et de personnalités, s’agitait une artiste de 28 ans, dont l'incruste est la marque de fabrique : « Marie s'infiltre » (son pseudo et son concept)  n’a pas hésité à fouetter les deux hommes dénudés, qui l’accompagnaient tenus en laisse. Ce qui suscita, comme c’est curieux, des réactions hostiles sur place et sur la Toile. Voulait-elle banaliser l'idée que « féminisme égal haine des hommes » ? Ou, comble de l’extrémisme, qu’il est temps que les femmes dominent les hommes ? « Marie s'infiltre » affiche la candeur habituelle des artistes d’AC qui, jamais au grand jamais, ne blasphèment, n’injurient ou se fichent du monde : "Non je ne me moque pas des personnes qui vivent des drames, je ne jouis pas de la méchanceté, non je ne caricature pas les femmes qui meurent sous les coups de leur conjoints. Je prends juste un sujet et je le montre différemment (…). Nous sommes dans l'ère de la moralisation extrême… ». Bref, son combat n’est pas le sort des femmes qui crèvent mais, beaucoup plus méritoire et dangereux, celuicontre l’ « uniformité des comportements »,  c’est pourquoi «  il est important de prendre un sujet dramatique et de le détourner ".

Des « Marie l’incruste » les Ecoles d’art sont en train d’en fabriquer à la tonne. Selon un article du Monde (1), ces écoles multiplient les partenariats avec les universités, Sciences-Po, le CNRS et tutti quanti pour intégrer toujours plus de sciences sociales dans leurs cursus, car (tenez-vous bien) : « les artistes ne peuvent plus vivre et créer sans comprendre le monde qui les entoure », il faut  « sortir de l’art pour l’art » ajoute un directeur de centre d’art. Quoi, cela fait au moins un demi-siècle que les écoles d’art nous chantent  « l’Art c’est la vie » et, aux portes de 2020, elles en seraient encore restées au XIX siècle ?

Vous n’y êtes pas : la lutte des classes, la démocratie participative, le féminisme, sont des vieilles lunes devant  les «questions en prise avec l’actualité »  à savoir  les études de genre, l’urgence écologique, les migrations, vrais sujets mais qui ont bon dos (on se souvient comment, en 2016,  l’artiste Ai Weiwei s’infiltra dans la question des migrations en mimant la mort du petit Aylan (2)). La Villa Arson (3) a lancé un  groupe où l’on traite  du post-capitalisme, post-colonialisme, avec  maintenant des cours de cyber-féminisme sic. Place à l’afro-futurisme re-sic soit « un travail d’imaginaire destiné à envisager des futurs à partir de l’histoire de cette grande marge qu’est le fait noir ». Quoi, à l’heure du post-colonialisme, on continue de coloniser les imaginaires au lieu de laisser les africains inventer, en Afrique, le futur qui leur convient ? Quant aux études de « LGBT», quelle aubaine pour y noyer les affaires de harcèlements, dont la Villa a été le théâtre, comme nombre d’écoles d’art – avec  des enquêtes en cours...

 « Maintenant, on va tout enseigner sauf l’art » conclut, lucide, le peintre Pascal Pinaud, professeur historique de la Villa Arson. Une étudiante évacue le problème avec finesse: « Un artiste, au bout d’un moment, il l’a bien travaillée, la matière, il a assez joué avec son caca, et ça l’intéresse d’aller chercher ailleurs. Même si, forcément, les questions de féminisme, de LGBT, ça fait peur à certains. » Pardi, quand on ne sait pas tenir un pinceau, la matière c’est ringard. De quoi expliquer l’indifférence de « Marie s’infiltre » devant la chair des femmes battues : rien que de la matière, pas assez conceptuel. L’important n’est pas la rose mais le « questionnement » !

L’écologie inspire une exposition 100 % recyclée, à partir des ressources du jardin, ou d’une « récupérathèque » pour matériaux non utilisés, etc. Bravo ! Mais alors pourquoi ne pas afficher l’empreinte carbone  du tas de terre exposé au Palais de Tokyo par exemple, ( ou celle des biennales, Fiac et Cie avec le taux de pollution des jets privés des collectionneurs…  ) plus  le coût des expositions et des subventions publiques ? A priori l’écologie a besoin d’experts, de scientifiques, puis de journalistes pour informer et de militants pour répandre les bonnes pratiques : en quoi un artiste, même sincère, serait-il plus efficace qu’un militant écolo ? Quelle intérêt, pour la société, de s’emparer d’une cause déjà équipée (comme disent les sociologues) et déjà populaire : pour enfoncer des portes ouvertes … par d’autres ? Le diable se cache dans les détails, pour le directeur des études de la Villa Arson, il faut « sortir de la figure un peu romantique de l’artiste, sans pour autant fabriquer à tout prix des artistes engagés. »

Car les écoles d’art fabriquent des « incrustes », de pseudo agitateurs aptes à s’emparer de thèmes d’actualité pour en vivre médiatiquement et financièrement. Aptes aussi à polluer les débats comme « Marie s’infiltre » : embrouiller une situation compliquée, c’est  pain béni pour le Pouvoir. Bizarrement, des questions brûlantes, mais qui intéressent les « vrais gens », sont évitées : avez-vous vu beaucoup d’œuvres d’AC traitant du problème des retraites ?

Pour sensibiliser à la faim dans le monde (?), Cattelan à la foire de Miami propose une banane scotchée au mur à 120 000 euros…un autre artiste vient de la manger, en public et sous les caméras. Pas de préjudice selon la galerie Perrotin : il n’a pas détruit l’œuvre, ce qui compte c’est l’idée, le fruit étant remplacé régulièrement et la valeur résidant dans le certificat « d’authenticité ».

Christine Sourgins

(1) « Climat, genre, migrations : un vent nouveau souffle sur les écoles d’art » d’Emmanuelle Lequeux, Le Monde du 29 Novembre 2019.

(2) En prenant la posture du petit noyé afin de « prendre position » sur les migrations…

(3) La Villa Arson, seule institution nationale dédiée à l’art contemporain à réunir un centre d’art, une école supérieure d’art, une résidence d’artistes et une bibliothèque spécialisée.

---------------------------------------------------------

Le blog de Christine Sourgins

7 juillet 2021

Dries Depoorter - The Flemish Scrollers

Des politiciens surveillés par des caméras de reconnaissance faciale et intelligence artificielle pour traquer la moindre distraction.

The Flemish Scrollers (“Les scrolleurs flamands”) est un projet signé de l’artiste belge Dries Depoorter, lancé lundi 5 juillet 2021 en ligne, et qui analyse en direct le flux des réunions du Parlement flamand sur YouTube, en quête des politiciens “distraits” par les réseaux sociaux.

Ce “service public divertissant” est pour l’artiste une manière de critiquer les “dangers de la reconnaissance faciale”, explique-t-il au média américain, qui attend impatiemment que l’artiste ouvre le code du programme pour le voir appliqué aux sessions du Congrès américain.

The Flemish Scrollers ressemblent “beaucoup au programme Rekognition d’Amazon”, qui accuse un taux d’erreur de près de 35 % pour les femmes à la peau foncée notamment. Une ressemblance pas vraiment fortuite. L’artiste Dries Depoorter “rappelle les innombrables abus de la police, qui se trompe dans l’identification des suspects en ayant recours aux caméras des smartphones, aux interphones, aux publications des réseaux sociaux et aux caméras de surveillance”.

Retourner les outils de la reconnaissance faciale contre les hommes politiques “pourrait aider à limiter ses conséquences dévastatrices et motiver les législateurs à agir”, explique le site. Pour le moment, c’est aux Flamands de “demander à [leurs] représentants de faire leur travail” sur le fil Twitter du projet.

7 juillet 2021

ART-GENT ......

L’hommage à Johnny Hallyday se transforme en histoire à dormir debout..... Quelle idée, pour célébrer l’idole des jeunes, de s’adresser à un artiste d’A.C.comme Bertrand Lavier, l’homme qui met un frigo sur un coffre-fort ! Notre conceptuel national projette de percher une vraie moto, une Harley, sur un manche géant de guitare, devant l’Accor Aréna de Paris. Fureur des écolos qui y voient une apologie de la pollution et du machisme réunis. Personne ne parle de la pollution visuelle par un kitsch pétaradant. Comment le nom de Lavier est-il sorti du chapeau, où sont les appels d’offre, les concours républicains ? Mystère.

Par ailleurs, sur quels critères seront choisis les heureux bénéficiaires des grandes commandes relançant la création après le Covid ? D’où sort le comité ad hoc de 9 « professionnels », réunis sous la houlette de B. Blistène, pour la distribution de la manne financière, soit trente millions d’euros d’argent public ?

LE GRAIN DE SEL - Christine SOURGINS

17 octobre 2025

"Le Désespéré" tableau de Gustave Courbet, appartient au Qatar..........

Le tableau a été prêté pour au moins cinq ans au musée d'Orsay par son actuel propriétaire, Qatar Museums. Issue de collections privées, cette toile iconique a été cédée dans des conditions qui demeurent inconnues, au grand dam des associations de défense du patrimoine.

Le célèbre autoportrait de Gustave Courbet, également nommé Le Désespéré, est exposé au musée d'Orsay depuis mardi 14 octobre 2025, dans le cadre d'un prêt pour environ cinq ans. Le retour de cette huile de petit format (45x54cm) fait figure d'événement. Voilà 17 ans que le public français attendait de retrouver cette icône du courant réaliste, mondialement connue, mais rarement montrée au public.

Par se prêt au musée d'Orsay on découvre que le tableau est désormais la propriété de Qatar Museums, l'organisme de développement des musées de l'émirat. Cette information, confirmée à franceinfo par un porte-parole, figure également dans un arrêté paru au Journal officiel sur le caractère insaisissable de l'œuvre pendant toute la durée du prêt (une procédure habituelle lors de telles expositions temporaires).

La sœur de l'émir du Qatar, affichait un sourire radieux aux côtés de la ministre de la Culture, Rachida Dati et de Mme Brigitte Macron, lors de la présentation de l'œuvre à la presse, mardi 14 octobre 2025. La princesse, citée parmi les personnalités les plus influentes du monde de l'art dans le classement du magazine ArtReview, a pris la tête de Qatar Museums en 2013, après l'acquisition des « Joueurs de cartes », de Paul Cézanne, pour la bagatelle de 250 millions de dollars. L'agence qatarienne dépensait alors un milliard de dollars en œuvres d'art, selon les estimations de la revue spécialisée.

Qui a vendu le tableau à des acheteurs qatariens ?

Le nom de la BNP Paribas est parfois cité, car il figure dans les crédits iconographiques accompagnant les rétrospectives de 2007 et 2008. Contactée par franceinfo, toutefois, la banque nie formellement avoir été en possession de l'œuvre, à travers son fonds d'investissement consacré à l'art. Elle précise avoir seulement prêté son concours aux démarches administratives de l'époque, afin de permettre les prêts aux musées concernés. Contactée par franceinfo, Qatar Museums n'a pas souhaité donner de détails sur l'entité qui a finalisé en 2008 l'acquisition (Gouvernance N. Sarkozy). La date et le montant de la transaction restent donc inconnus, tout comme le nom du ou des vendeurs.

Il s'agit d'un bien culturel pour lequel aucune demande d'exportation n'a été formulée

L’État français a pourtant des instruments pour éviter la fuite de tels joyaux, même temporairement. Ses services peuvent refuser de délivrer les certificats obligatoires pour les exportations de biens culturels d'une valeur d'au moins 300 000 euros, un prix que dépasse sans aucun doute l'iconique autoportrait.

Qatar Museums, en toute logique, aurait dû demander ce certificat après avoir acquis l'œuvre. Le cas échéant, en raison de l'importance patrimoniale de l'œuvre, l'Etat aurait alors été dans l'obligation de le décliner, ce qui revient à classer Le Désespéré comme "trésor national". Ce cas de figure prévoit qu'une procédure d'achat doit être ouverte dans les 30 jours, afin de réunir les fonds permettant le rachat de l'œuvre au prix du marché international.

Mais aucun certificat d'exportation n'a été déposé par Qatar Museums pour Le Désespéré, a appris franceinfo auprès du ministère de la Culture, confirmant une information de La Tribune de l'art. Dès lors, l'Etat n'a pas pu prononcer le refus qui aurait déclenché l'inscription sur la liste des trésors nationaux

Absence de transparence sur les œuvres exportées

Ce cas illustre l'absence de transparence sur le "musée imaginaire des œuvres exportées", ajoute Julien Lacaze. Car il n'existe aucune liste publique des certificats autorisant le transfert à l'étranger de biens culturels d'importance. Cette difficulté est pointée du doigt depuis des années par les associations de défense du patrimoine, qui ont déjà saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (Cada). Car faute de listes publiques, il est impossible de dresser le bilan des ministères successifs dans le départ des œuvres d'art majeures à l'étranger.

Résumé d'Article :

FranceInfo Culture / Arts expos – 16 octobre 2025

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 > >>
arts-ticulation
Publicité
Archives
Newsletter
Publicité
Publicité